LES FAITS
Le Conseil d’État a suspendu le permis d’urbanisme du centre de consommation supervisée LinkUp prévu à Molenbeek-Saint-Jean le 23 septembre 2025. Ce centre devait accueillir une salle de consommation à moindre risque : un espace où les personnes dépendantes consomment sous surveillance médicale. La suspension faisait suite à des recours déposés contre le permis d’urbanisme, notamment par un riverain et la commune de Molenbeek-Saint-Jean, qui exprimaient des inquiétudes quant à l’ampleur du projet et aux risques pour la sécurité du quartier.
Cependant, le projet n’est plus bloqué. Un nouveau permis d’urbanisme a été délivré le 7 novembre 2025, et un nouveau recours déposé par un riverain contre ce second permis a été rejeté par le Conseil d’État le 10 décembre 2025. Le centre LinkUp a finalement ouvert ses portes le 15 décembre 2025.
POURQUOI ÇA TE CONCERNE
Ce type de centre vise à réduire les overdoses et les seringues abandonnées dans les rues. À Bruxelles, la consommation de drogues dans l’espace public touche des quartiers où tu vis, traînes, passes, comme le quartier Ribaucourt à Molenbeek, connu pour ces problématiques. Grâce à l’ouverture de ce centre, les usagers ont désormais un lieu sécurisé pour consommer, ce qui contribue à diminuer les nuisances publiques liées à l’usage de drogue en rue.
LE CONTEXTE BELGE
En Belgique, la première salle de consommation à moindre risque a ouvert à Liège en 2018. À Bruxelles, la première salle de ce type, « GATE », a ouvert ses portes le 5 mai 2022 dans le quartier Lemonnier à Bruxelles-Ville. Le projet LinkUp à Molenbeek est donc la deuxième salle de consommation à moindre risque à ouvrir dans la capitale. Des pays comme les Pays-Bas et la Suisse utilisent ce modèle avec succès depuis des années, la Suisse ayant ouvert sa première salle dès 1986. Le Conseil d’État est la plus haute juridiction administrative du pays et peut suspendre une décision publique si elle semble illégale, ce qu’il a fait initialement pour le premier permis de LinkUp avant que le projet n’obtienne un nouveau permis et l’approbation finale.
CE QUI FAIT DÉBAT
Les associations de réduction des risques actives à Bruxelles, dont Modus Vivendi, défendent le projet. Leur argument : ce centre sauve des vies concrètement et permet d’améliorer la santé des personnes et la pacification de l’espace public. Des riverains et certains élus locaux s’y sont opposés, notamment la commune de Molenbeek-Saint-Jean, craignant que le centre n’attire davantage de trafic et de consommation dans le quartier. Toutefois, le Conseil d’État a finalement rejeté le recours contre le second permis d’urbanisme, estimant que l’administration avait créé le cadre permettant de réduire les désagréments liés à la présence de toxicomanes dans l’espace public.
POUR ALLER + LOIN
Le site d’Iriscare propose des communiqués de presse sur l’ouverture de la salle de consommation à moindre risque LinkUp à Molenbeek. Pour creuser le sujet des salles de consommation supervisée, l’association Modus Vivendi documente en détail la réduction des risques liés à l’usage de drogues.
Sources vérifiées
- unhappybirthday.be
- raadvst-consetat.be
- bx1.be
- iriscare.brussels
- alterechos.be
- strategiesconcertees.be
À lire aussi
- Deux tentatives de suicide dans une école de Molenbeek
- Accro à ton écran ou à autre chose ? Les lignes d’aide à BXL sont là !
- Uccle refuse de s’opposer aux visites domiciliaires
- Arme de guerre saisie à Molenbeek : 2 personnes arrêtées
- Schaerbeek : 40% de la commune repasse en zone bleue
- Anderlecht autorise le voile et la croix dans son administration
- Tué par la police à Anderlecht le soir du Nouvel An
