Changer de filière : ils l’ont fait et te donnent leurs tips !

LES FAITS

Tu n’es clairement pas le·la seul·e à galérer avec ton choix d’études. En Belgique, près de trois quarts des jeunes poursuivent des études supérieures directement après le secondaire, mais la Belgique fait partie des pays de l’Union européenne avec le plus haut taux d’abandon en cours d’études selon la Commission européenne citée par une étude sur l’enseignement supérieur en Belgique.[2]

Dans l’enseignement supérieur hors universités, environ 28% des étudiant·es de première année recommencent une 1ère année : 17% redoublent et 11% se réorientent. À l’université, près de 29% recommencent une 1ère année : 22% redoublent et 7% se réorientent.[3] Donc oui, changer de filière ou recommencer, ça arrive à beaucoup de monde et ce n’est clairement pas rare.

POURQUOI ÇA TE CONCERNE

Si tu es en plein doute, sache que ce genre de questions est ultra classique en première année : une analyse sur l’orientation scolaire montre qu’un tiers des étudiant·es interrogé·es en début de première année se disent déjà « moyennement déçus » de leur choix en octobre.[3] Autrement dit, il est normal que ton premier choix ne soit pas forcément le bon.

Ce qui compte, c’est de rebondir: les recherches sur les étudiant·es « forcés et contraints » (ceux qui ont choisi leur filière sous pression ou par défaut) montrent qu’une partie importante échoue et finit par se réorienter vers d’autres filières, pas toujours liées à leur premier choix.[3] Te poser des questions, chercher une autre voie, ce n’est pas « perdre du temps », c’est reprendre le contrôle sur ton parcours.

LE CONTEXTE BELGE

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le système d’enseignement supérieur est pensé pour permettre la réorientation. Si tu es en bloc 1 du 1er cycle (bachelier), tu peux te réorienter vers un autre cursus jusqu’au 15 février sans devoir payer de droits d’inscription complémentaires dans le nouveau cursus.[5] Tu dois par contre motiver ta demande, elle doit être acceptée par le jury du cycle où tu veux aller, et tu dois prévenir ton établissement d’origine.[5]

Le décret « Paysage » prévoit aussi des règles de finançabilité qui tiennent compte des réorientations : si tu te réorientes au cours de ton bachelier (et une seule fois dans ce cycle), tu as droit à une inscription supplémentaire pour obtenir ton diplôme, ce qui peut te donner jusqu’à 6 ou 7 ans pour réussir les 180 crédits de ton bachelier, selon le moment où tu te réorientes.[7][8]

Les universités et hautes écoles proposent des services d’info et d’orientation (comme les CIO universitaires) qui peuvent t’aider à faire le point sur ton projet d’études et à envisager une réorientation en valorisant tes acquis.[9]

CE QUI FAIT DÉBAT

Le gros débat, c’est souvent : « Est-ce que je ne vais pas juste perdre une année ? » et « Est-ce que ça va me coûter trop cher ? ». Les chiffres montrent que la réorientation et le redoublement touchent une grosse minorité d’étudiant·es dès la première année, dans tous les types d’établissements.[3] En pratique, le système de finançabilité a justement été ajusté pour permettre une réorientation sans te bloquer, via une inscription supplémentaire dédiée à ce changement de cursus.[7][8]

L’autre tension, c’est entre s’accrocher coûte que coûte dans une filière qui ne te correspond pas, et accepter de changer. Les études sur l’orientation scolaire montrent que quand un choix est fait sous contrainte et ne correspond pas aux aspirations de l’étudiant·e, le risque d’échec et de réorientation est plus élevé.[3] Du coup, réfléchir à une réorientation tôt peut éviter des années supplémentaires d’échec ou de malaise dans un cursus qui ne te convient pas.

POUR ALLER + LOIN

Si tu hésites à changer de filière, quelques pistes concrètes :

  • Parle avec les services d’info et d’orientation de ton école, haute école ou université (CIO, service d’orientation, etc.) : leur job, c’est justement de t’aider à analyser ta situation et à voir les options de réorientation, passerelles et valorisation de crédits.[9]
  • Informe-toi sur les règles de réorientation et finançabilité (décret Paysage) via des ressources jeunesse comme mesetudes.be ou ijbxl.be, pour savoir combien d’inscriptions tu as, et comment ton changement de filière va impacter ton quota d’inscriptions.[7][8]
  • Check les infos d’orientation (journées portes ouvertes, séances d’info, rencontres avec des étudiant·es) pour mieux comprendre les autres filières qui t’intéressent, plutôt que de te réinscrire au hasard.[9]

Tu n’as pas besoin d’avoir « toute ta vie » planifiée à 18 ou 19 ans : le système belge prévoit des marges pour te tromper, tester, te réorienter et construire ton projet étape par étape.[2][3]


Sources verifiees

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