Bruxelles : après les tunnels, les ponts menacent de lâcher

Bruxelles : après les tunnels, les ponts menacent de lâcher

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LES FAITS

Beaucoup de ponts à Bruxelles vieillissent mal, et les experts tirent la sonnette d’alarme. Certains ouvrages, comme le tunnel Stéphanie achevé en 1957, ont plus de 50 ans. Une campagne d’inspection menée en 2025 a révélé que 28 ponts bruxellois sont en mauvais état. Parmi eux, les ponts Pierre Marchant et Petit Île à Anderlecht sont considérés en danger et sont actuellement fermés aux véhicules motorisés. De plus, 26 ponts sont classés en catégorie B, présentant des défauts évolutifs affectant leurs structures portantes, et 54 autres infrastructures sont en catégorie C, nécessitant des interventions de maintenance pour éviter d’affecter leur stabilité à terme. Le risque de fermetures imprévues est réel.

POURQUOI ÇA TE CONCERNE

Tu prends le tram, le bus ou le vélo tous les jours ? Beaucoup de ces lignes passent sur des ponts. Une fermeture, même partielle, peut bloquer ton trajet du matin en quelques heures. Souviens-toi du tunnel Stéphanie, fermé pour au moins un an à partir de janvier 2016, ce qui a causé des mois de chaos pour des milliers de Bruxellois. La rénovation du tunnel Léopold II (aujourd’hui tunnel Annie Cordy) a également entraîné des fermetures totales pendant les mois d’été sur trois années consécutives (2018, 2019 et 2020) et des fermetures nocturnes jusqu’au printemps 2022, impactant fortement la mobilité. Si plusieurs ponts venaient à fermer en même temps, ce serait le même scénario, en pire.

LE CONTEXTE BELGE

La gestion des ponts à Bruxelles est éclatée entre plusieurs acteurs, incluant la Région via Bruxelles Mobilité, les communes et l’État fédéral pour certains ouvrages, ce qui peut ralentir les rénovations et compliquer les décisions budgétaires. Les tunnels ont déjà coûté des centaines de millions à la Région bruxelloise. La rénovation du seul tunnel Léopold II a coûté près de 500 millions d’euros. Par ailleurs, la rénovation des tunnels Belliard et Loi, reportée à 2025 pour raisons budgétaires, est estimée à au moins 160 millions d’euros. Plus de 100 millions d’euros sont alloués aux rénovations de tunnels pour la mobilité bruxelloise. Trouver l’argent pour les ponts en plus, c’est un véritable casse-tête politique et financier.

CE QUI FAIT DÉBAT

Bruxelles Mobilité assure que des inspections régulières sont menées sur les ponts de voiries régionales pour s’assurer de leur bon état. La ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt, a affirmé qu’aucun pont ou viaduc ne devait être fermé à court ou moyen terme, malgré les problèmes identifiés. Cependant, des experts en génie civil et des associations comme Inter-Environnement Bruxelles pointent un sous-investissement chronique dans l’entretien des infrastructures. La ministre elle-même a reconnu que « l’état de nos ponts, c’est la facture du sous-investissement chronique entre 2000 et 2015 ». Un argument souvent avancé est que le rythme actuel des rénovations est trop lent, un bilan entre 2017 et 2025 montrant que seuls cinq ouvrages ont vu leur état s’améliorer. Un nouveau plan pluriannuel d’investissement sur les infrastructures doit être négocié au sein du gouvernement bruxellois dans les prochains mois.

POUR ALLER + LOIN

L’article original est basé sur des informations de La Libre Belgique. Tu veux suivre l’état des tunnels et chantiers en temps réel ? Le site de Bruxelles Mobilité publie les fermetures et travaux en cours.


Sources vérifiées


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