Réseaux sociaux et ados : éduquer plutôt qu’interdire

Réseaux sociaux et ados : éduquer plutôt qu'interdire

LES FAITS

Solayman Laqdim, Délégué général aux droits de l’enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles, prend position sur les ados en ligne. Il a été nommé à ce poste pour un mandat de six ans à partir du 1er février 2023. Son message : plutôt qu’interdire les écrans, il faut accompagner les jeunes à l’intérieur du numérique. Il s’agit d’une protection active, pas d’une exclusion.

POURQUOI ÇA TE CONCERNE

Si tu as moins de 18 ans, ce débat parle directement de toi. Des lois pour restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux sont discutées partout en Europe. Certaines pourraient s’appliquer en Belgique dans les prochains mois, notamment avec une proposition de la Commission européenne prévue pour septembre 2026 visant une interdiction ou des restrictions à l’échelle de l’UE pour les mineurs. Des initiatives législatives nationales sont également en cours dans divers États membres, y compris des discussions en Flandre. Résultat : qui décide comment tu utilises internet — toi, tes parents ou l’État ? La question est vraiment sur la table.

LE CONTEXTE BELGE

La Fédération Wallonie-Bruxelles gère l’enseignement, la culture, le sport, l’aide à la jeunesse et la recherche scientifique côté francophone. Le Délégué général aux droits de l’enfant est une institution publique indépendante chargée de défendre les droits et les intérêts des enfants jusqu’à 18 ans (ou 20 ans dans certains cas spécifiques) en Wallonie et à Bruxelles. Il alerte les politiques et formule des recommandations, mais n’a pas de pouvoir de décision directe sur les dossiers administratifs ou judiciaires. Laqdim compare l’approche actuelle à un ado jeté dans une piscine sans avoir appris à nager et pousse pour une éducation au numérique solide, intégrée à l’école. Il souligne également la nécessité d’investir les nouveaux modes de communication pour s’adresser aux jeunes.

CE QUI FAIT DÉBAT

Laqdim défend l’éducation et l’accompagnement, affirmant que priver les jeunes d’accès, c’est aussi les priver de compétences essentielles. En face, plusieurs gouvernements européens misent sur l’interdit. La France, par exemple, a vu l’Assemblée nationale adopter une proposition de loi en janvier 2026 visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Président Macron a exprimé le souhait de fermer les comptes des moins de 15 ans d’ici la fin de l’année 2026. La Commission européenne a validé la compétence de la France sur cette question. Des associations de parents, comme « Attentive Génération », soutiennent cette ligne dure, en encourageant notamment de retarder l’accès aux smartphones et aux réseaux sociaux, souvent pas avant 15 ans. Selon ces associations et des experts, certains contenus (harcèlement, pornographie, manipulation algorithmique) sont dangereux, et l’accompagnement seul peut ne pas suffire. Le vrai point de friction : apprendre à naviguer en ligne protège-t-il vraiment ? Ou est-ce qu’une porte fermée reste parfois la seule vraie protection ?

POUR ALLER + LOIN

La position complète de Solayman Laqdim est à lire sur le site officiel du Délégué général aux droits de l’enfant (defenseurdesenfants.be) et à écouter lors de ses interventions régulières, notamment sur la RTBF.


Sources vérifiées


À lire aussi