Schaerbeek veut taxer les vitrines à 8.200€ : proxénétisme ?

LES FAITS

La commune de Schaerbeek veut instaurer une taxe de 8.200€ par vitrine de prostitution, à payer chaque année. Chaque emplacement où une travailleuse du sexe exerce devrait donc rapporter cette somme aux caisses communales. L’objectif affiché : encadrer une activité très présente dans certains quartiers tout en générant des recettes. Le conseil communal n’a pas encore voté la mesure.

POURQUOI ÇA TE CONCERNE

Si tu vis ou traînes à Schaerbeek, ce débat touche directement ton quartier. Mais la question dépasse les frontières de la commune : est-ce le rôle d’une ville de taxer des personnes déjà vulnérables pour renflouer son budget ? Et qui paie vraiment — les propriétaires des vitrines ou les travailleuses du sexe elles-mêmes ? Ce type de décision peut changer le visage d’un quartier entier, et inspirer d’autres communes bruxelloises.

LE CONTEXTE BELGE

En Belgique, la prostitution n’est pas illégale mais reste dans un flou juridique. Depuis 2022, une loi permet aux travailleuses et travailleurs du sexe de signer un vrai contrat de travail — une première en Europe. Bruxelles concentre une part importante de cette activité, et plusieurs communes cherchent comment gérer ça localement, entre régulation et répression. Schaerbeek, avec ses rues de vitrines dans certains quartiers, est en première ligne de ce débat.

CE QUI FAIT DÉBAT

Le mot lâché par des associations de défense des droits est cash : proxénétisme. Toucher de l’argent sur le dos de personnes qui vendent des services sexuels, même via une taxe, choque beaucoup. Utsopi, l’association qui défend les droits des travailleuses du sexe en Belgique, dénonce une mesure qui fait peser la charge financière sur les plus précaires plutôt que sur les propriétaires des lieux. En face, les partisans de la taxe y voient une façon pragmatique de ne pas fermer les yeux sur une réalité de terrain. Le débat est loin d’être tranché.

POUR ALLER + LOIN

L’article original a été publié par L’Avenir. Pour comprendre les droits des travailleuses du sexe en Belgique, jette un œil au site d’Utsopi, qui les défend au quotidien.